Psaume 23

Que lire à quelqu'un qui traverse le pire — ou à soi-même, quand on ne sait plus quoi lire ? Depuis des siècles, la réponse tient en six versets.

Le Psaume 23 s'explique par une seule relation : Dieu est le berger, le croyant est la brebis. Matthew Henry lit ses six versets comme la description d'un soin réellement donné — nourriture, repos, direction, sauvetage, escorte dans le danger et accueil à la fin — et en conclut que le psalmiste peut cesser de calculer ce qui lui manque.

Psaume 23 · Louis Segond 1910 Cantique de David. L’Éternel est mon berger: je ne manquerai de rien. Il me fait reposer dans de verts pâturages, Il me dirige près des eaux paisibles. Il restaure mon âme, Il me conduit dans les sentiers de la justice, A cause de son nom. Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi: Ta houlette et ton bâton me rassurent. Tu dresses devant moi une table, En face de mes adversaires; Tu oins d’huile ma tête, Et ma coupe déborde. Oui, le bonheur et la grâce m’accompagneront Tous les jours de ma vie, Et j’habiterai dans la maison de l’Éternel Jusqu’à la fin de mes jours.

Un berger dont le métier est décrit, pas décoré

L'exposition du Psaume 23 par Matthew Henry, publiée entre 1706 et 1721, traite la figure du berger comme une description de travail et non comme un ornement. Il commence par l'échelle, car c'est à l'échelle que le soin pastoral échoue d'ordinaire : celui qui est le berger d'Israël, de toute l'Église en général, écrit-il, est aussi le berger de chaque croyant qui la compose. Il en tire une conclusion pratique sur l'inquiétude — que ceux-là ne craignent pas de mourir de faim, qui sont à la charge de Dieu et qui l'ont pour nourricier — et lit tout le reste du poème de la même façon, comme un soin qui comporte des tâches. Les eaux paisibles sont choisies en pensant aux bêtes fatiguées. Les sentiers sont choisis parce que les brebis se perdent : la remarque de Henry sur la brebis égarée, si prompte à s'égarer, et ensuite si peu apte à retrouver le chemin, explique pourquoi le rétablissement, et pas seulement la provision, fait partie du métier de berger. Rien dans sa lecture n'exige que le lecteur soit fort. Le psaume suppose le contraire, et décrit qui est de service.

Sept questions que vous vous posez peut-être

  1. Quelle est l'explication la plus simple du Psaume 23 ?

    Une seule relation, suivie sur six versets. Dieu est le berger; le psalmiste est une brebis dont il a la garde. Tout le reste du poème, c'est cette relation en action — nourrie, mise au repos, ramenée après l'égarement, conduite à travers le danger, installée à une table, escortée jusqu'à la maison. Matthew Henry lit l'image comme un ensemble de devoirs réellement accomplis, et non comme une comparaison offerte pour sa joliesse.

  2. Pourquoi le psaume appelle-t-il Dieu un berger plutôt qu'un roi ?

    Parce que le mot berger porte le travail que le mot royal laisse de côté : une attention constante, sans éclat, personnelle. Matthew Henry insiste : l'échelle n'y change rien — le Dieu qui garde toute l'Église est le berger de chaque croyant en particulier. Une couronne suggère la distance. Une houlette suggère le compte quotidien, bête par bête, et c'est cette image-là que David a choisie.

  3. Que représentent les verts pâturages et les eaux paisibles ?

    La provision, et plus que la provision. La phrase de Matthew Henry est nette : Dieu pourvoit à son peuple non seulement la nourriture et le repos, mais aussi le rafraîchissement et le plaisir. Les eaux paisibles sont choisies en pensant aux épuisés : elles offrent non seulement une vue agréable, mais mainte gorgée rafraîchissante, maint cordial qui ranime, quand ils ont soif et sont las. Le soin pastoral, dans ce psaume, comprend le relèvement du moral et pas seulement le maintien de la vie.

  4. Qu'est-ce que la houlette et le bâton ont à voir avec la consolation ?

    Ce sont des outils, non des emblèmes d'autorité. Matthew Henry les replace dans le paysage de travail — un lieu où elles risquent d'être assaillies par les bêtes de proie, les loups voraces. La consolation, c'est que quelqu'un est armé et présent : parmi ce sur quoi les mourants peuvent compter, Henry inscrit qu'il réprimandera l'ennemi, qu'il les guidera de sa houlette et les soutiendra de son bâton. Consoler, ici, veut dire protéger avec compétence, non prononcer des paroles apaisantes.

  5. Le Psaume 23 promet-il que je ne manquerai jamais de rien ?

    Pas au sens où tout désir serait exaucé. Matthew Henry rappelle que David écrit en homme qui a dû mendier sa nourriture à deux reprises, et qui avait autant de raisons de craindre la disette que n'importe qui. La promesse porte sur l'obligation d'un berger envers son troupeau, non sur une vie sans pénurie. Elle ne dit pas que rien ne manquera jamais entre vos mains; elle dit que rien de nécessaire ne manque à l'intention du berger.

  6. Que dit le Psaume 23 sur la mort ?

    Que les mourants sont encore gardés. Matthew Henry écrit que c'est une consolation pour les saints, à l'heure de mourir, que Dieu prenne connaissance d'eux — le troupeau est compté à la fin comme au commencement. Le psaume ne nie jamais le danger de la vallée; il déplace la question de ce qui s'y trouve vers qui s'y trouve, et c'est pourquoi ce poème a été lu à tant de chevets.

  7. En quoi le Psaume 23 peut-il aider quelqu'un qui prend soin des autres ?

    En posant l'exigence et en allégeant la pression du même geste. Le berger de Henry est réaliste sur son troupeau : les meilleurs des saints sentent leur penchant à s'égarer comme des brebis perdues; celui qui prend soin doit donc s'attendre à l'égarement plutôt que de s'en offusquer. Et celui qui prend soin est lui-même porté : bien des fois nous aurions défailli si nous n'avions pas cru; et c'est le bon berger qui nous a gardés de défaillir. Pasteurs, infirmiers et parents figurent deux fois dans ce psaume : une fois comme bergers, une fois comme brebis.